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Inégalités salariales : à partir du 19 novembre 2026, les femmes travailleront gratuitement jusqu’à la fin de l’année

Chaque année, La newsletter Les Glorieuses calcule la date à laquelle les femmes commencent, symboliquement, à travailler gratuitement. Et en 2026, ça tombe le jeudi 19 novembre à 10h51. On t'explique tout ça.

03/11/2026 - Léa LABIS - 5 min. de lecture

Lynette Scavo Desperate housewives illustration pour article - à partir du 19 novembre les femmes travaillent gratuitement en France Les Glorieuses Newsletter
Felicity Huffman dans © Desperate Housewives

Le 19 novembre, les femmes commencent à travailler « gratuitement » en France

On t’arrête tout de suite : non, les femmes n’auront pas « 0€ » inscrit sur leur bulletin de salaire à partir du 19 novembre. Car cette date est symbolique : elle veut mettre en avant l’écart de salaire réel entre les femmes et les hommes qui existe encore aujourd’hui, afin de pouvoir agir concrètement pour améliorer la situation.

La newsletter féministe Les Glorieuses propose chaque année depuis 10 ans le calcul du moment où tombe cette date symbolique, à partir de statistiques sur les écarts de salaire horaire entre les hommes et les femmes.

Et le constat est accablant : si les femmes étaient rémunérées au même taux horaire que les hommes, tout en conservant leur revenu annuel actuel, elles cesseraient, cette année, d’être payées le 19 novembre.

Concrètement, dans leur newsletter du mercredi 4 novembre 2026, Les Glorieuses rapportent les chiffres suivants, pour mieux comprendre les inégalités économiques entre les hommes et les femmes :

  • 21,8% d’écart de revenu salarial annuel. En moyenne, une femme touche 22 060€ net par an, un homme 28 220€.
  • 3,6% d’écart pour un même emploi dans le même établissement. 
  • Plus d’une femme sur quatre travaille à temps partiel, contre moins d’un homme sur dix.
  • 24% de femmes sont parmi le 1% des salarié·es les mieux payé·es. 
  • la pension de droit direct (aka la retraite) des femmes nées en 1956 est inférieure de 29% à celle des hommes. (DREES, édition 2025) 
  • D’après les travaux de Nicolas Frémeaux et Marion Leturcq (Ined), l’écart de patrimoine s’est creusé : environ 9% en 1998, 16% en 2015.
New Girl Jess illustration pour article - à partir du 19 novembre les femmes travaillent gratuitement en France Les Glorieuses Newsletter
© New Girl

Pourquoi y-a-t-il encore des écarts de salaire ?

Les femmes gagnent en moyenne 11,8% de moins que les hommes à poste et temps équivalents en France, contre 11,1% dans l’Union européenne d’après Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne. On note tout de même une baisse de l’écart de rémunération par rapport à l’année dernière, même si elle reste lente et insuffisante.

Car si on garde le rythme de progression actuel, il faudrait attendre 2062 pour atteindre l’égalité salariale.

Ces inégalités s’expliquent par plusieurs raisons. En voici certaines :

- les carrières sont freinées après la maternité (plus de la moitié des femmes passent à temps partiel pour s’occuper des enfants) ;

- les métiers occupés majoritairement par des femmes sont moins valorisés (elles sont d’ailleurs le plus souvent dans des métiers du soin, du social, moins payés et plus pénibles) ;

- beaucoup de stéréotypes sont présents dès l’école, donc les filles s’orientent moins vers les filières scientifiques ou techniques, des choix « genrés » qui se traduisent derrière en inégalités économiques ;

- la charge domestique est le plus souvent prise en charge par les femmes (68% des tâches domestiques quotidiennes, pour être exacte).

Pourtant, plus il y a de femmes dans une entreprises (et globalement, plus il y a de mixité), plus elle est performante.

Friends Rachel au travail illustration pour article - à partir du 19 novembre les femmes travaillent gratuitement en France Les Glorieuses Newsletter
© Friends

Comment la date du 19 novembre a-t-elle été calculée ?

Sur le compte Instagram @les_glorieuses, elles expliquent dans leur post du 3 novembre 2026, le processus pour déterminer le jour et l’heure à laquelle tombe cette date symbolique.

Tout d’abord, elles prennent le pourcentage d’écart de salaire horaire brut moyen entre les femmes et les hommes en France, publié par Eurostat, qu’elles appliquent au nombre de jours ouvrés de l’année (donc les jours pendant lesquels la moyenne des gens travaillent : du lundi au vendredi, moins les jours fériés). Puis, elles retirent ce nombre du total de jours ouvrés en partant de la fin du calendrier.

Concrètement, on applique les 11,8% d’écarts aux 252 jours ouvrés, ce qui nous donne 29,7 jours. Quand on enlève 29 jours ouvrés en partant du dernier jour ouvré de l’année, ça tombe le 19 novembre.

Pour ce qui est de l’heure, ça dépend de ce qui se passe après la virgule. Ici, on doit encore retirer 0,74 journée sur notre journée de référence, ce qui correspond à 5h09 de travail. On les retire à partir de 17h et on saute la pause. Et voilà, on a notre date : le 19 novembre 2026 à 10h51.

confused math lady illustration pour article - à partir du 19 novembre les femmes travaillent gratuitement en France Les Glorieuses Newsletter

La mobilisation fête ses 10 ans cette année

Depuis 10 ans, ce calcul remet le sujet sur la table. Et depuis 10 ans, ça marche ! Tous les médias en parlent.

Tout a commencé, pour Les Glorieuses, en 2016. À l’époque, la date retenue était celle du 7 novembre à 16h34.

Dans leur post LinkedIn du 2 novembre, 2026, Les Glorieuses indiquent : « la date a reculé de douze jours, ce qui montre que rendre l’écart visible le fait bouger, mais beaucoup trop lentement« .

Car chaque année, le mouvement met en lumière cette date symbolique afin d’alerter sur les écarts salariaux qui existent encore entre les hommes et les femmes aujourd’hui en France.

Leur objectif ? Que cet écart n’existe plus. Pour cela, elles font appel aux pouvoirs publics et aux entreprises en leur demandant d’agir. Elles ont d’ailleurs construits une liste concrète de mesures qui aident vraiment à avancer vers l’égalité salariale :

- rendre la transparence salariale obligatoire pour toutes les entreprises,
- demander aux entreprises qui bénéficient d’argent public de prouver qu’elles respectent l’égalité salariale,
- revaloriser les métiers à prédominance féminine, souvent essentiels pour la cohésion sociale mais aussi les moins bien rémunérés (infirmières, sage-femmes, enseignantes…)
- instaurer un congé parental équivalent pour les deux parents.

Tu peux aussi les aider à porter ce message en relayant leur hashtag : #19novembre10h51, et en signant leur pétition, qui sera prochainement en ligne.

Léa LABIS

Autrice

Léa LABIS

Je carbure au café pour trouver de belles histoires à raconter : celles des vies humaines trop souvent oubliées ou laissées en arrière-plan.

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