Compétences
Ce qu’il faut mobiliser
Formation
Par où commencer
Aucun diplôme spécifique n'est nécessaire (formation au poste), mais les candidates doivent réussir un concours et répondre à des critères stricts de recrutement, notamment en matière d'âge, d'instruction et de « moralité ».
Semaine type
Le rythme général
Les téléphonistes travaillent par roulement au sein des centraux téléphonique, assurant la continuité du service et s'adaptant aux horaires imposés par le flux des communications.
Journée type
Concrètement, ça donne quoi ?
Casque sur les oreilles et face à un tableau rempli de prises, elles répondent aux appels, identifient les correspondant·es et relient manuellement les lignes, parfois des centaines de fois par jour.
Salaire
Fourchette salaire
800 - 1000 francs par an (fin du XIXe siècle)
Angle BATF
Le métier, en bref
Aujourd’hui, passer un coup de fil ne demande rien de plus qu’un simple clic.
Pourtant, au tout début de l’ère du téléphone, aka à la fin du XIXe siècle, aucune communication n’est automatique ! Pour joindre quelqu’un, il faut passer par des intermédiaires bien humaines : les fameuses « demoiselles du téléphone« . L’emploi de femmes en bureau télégraphique s’étant largement développé à cette époque, car la main d’œuvre coûte moins chère, on les recrute alors naturellement dans les centraux téléphoniques pour exercer ce métier naissant.
Indispensables au fonctionnement des premiers réseaux téléphoniques, elles établissent alors les communications manuellement en branchant des câbles sur un immeeeeense tableau équipé de prises et de cordons, casque sur les oreilles. À la fin du XIXe siècle, plusieurs milliers de femmes travaillent déjà dans les services français de téléphonie.
En quelques secondes, il faut comprendre qui cherche à joindre qui, localiser la bonne ligne et établir la connexion. Tout en faisant preuve de grande discrétion, car elles avaient parfois accès à des bribes de conversation. Et si les deux ne font pas partie du même réseau, il faut passer par l’intermédiaire d’une autre opératrice travaillant dans le central en question.
Les conditions de travail des demoiselles du téléphone sont éprouvantes. Elles travaillent debout jusqu’en 1890, doivent enchaîner les connexions, et certaines développent aussi des troubles de l’audition ou nerveux (sinon, c’est pas drôle).
Big up pour les stéréotypes de genre, sur qui reposent la féminisation de ce métier 🤡 ! Le métier est majoritairement exercé par des femmes, souvent jeunes et célibataires, auxquelles on attribue volontiers une voix agréable et une morale irréprochable, car ces qualités sont jugés naturellement « féminines ».
Les nouveaux métiers liés aux technologies (téléphone, télégraphe, machine à dicter, machine à écrire…) ont d’ailleurs constitué d’importants débouchés professionnels pour les femmes. Mais tandis que les emplois techniques d’exécution et de service sont féminisés, les postes de rédaction et de direction restent largement masculins.
Les femmes sont moins payées, le recrutement féminin permet donc aux administrations et aux entreprises de disposer d’une main-d’œuvre qualifiée, plus nombreuse, et moins chère. Fun.
Ah et derrière le terme de « demoiselle » se cache notamment toute une vision sociale selon laquelle le travail féminin ne serait que temporaire, en attendant le mariage.
Les horaires eux-mêmes sont genrés. Dans certains services, le travail de nuit est davantage confié à des hommes, conformément aux normes sociales de l’époque concernant la présence des femmes dans l’espace professionnel après certaines heures.
Le métier décline tout au long du XXe siècle avec l’automatisation progressive des communication, et la téléphonie numérique fini de faire disparaître cette fonction telle qu’elle existait à ses débuts dans les années 70.
Si tu veux en savoir plus sur le métier, je te conseille la série espagnole Las Chicas Del Cable, créée par Ramón Campos et Gema R. Neira et produite par Netflix, qui suit l’histoire de quatre femmes qui deviennent demoiselles du téléphone dans l’Espagne des années 1920.